L’Hérault accueille sa première école de chiens-guides pour personnes déficientes visuelles. Ses deux premiers élèves sont Vasco, un golden retriever de 16 mois, et Api, un Altdeutscher Schäferhund de 15 mois. L’objectif est de produire six à neuf auxiliaires par an contre quatre prévus cette année.
Par Nelly Barbé
Le 24 mars 2026 à 13h37
/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/6NWFY62QVVAHZA2FE43GFD2RNQ.jpg)
Premiers jours de classe pour Vasco, golden retriever de 16 mois, et Api, un Altdeutscher Schäferhund (race de berger allemand) de 15 mois. Arrivés il y a quelques semaines, ils sont les premiers élèves de la nouvelle école de chiens-guides pour personnes déficientes visuelles qui vient d’ouvrir ses portes à Montpellier (Hérault).
« Jusqu’à présent, les personnes malvoyantes ou aveugles qui désiraient avoir un chien-guide devaient aller le chercher à Aix-en-Provence ou Toulouse, avec un temps d’attente de deux ans. Notre ambition est de raccourcir ce délai en formant six à neuf chiens par an. Cette année, nous devrions en remettre quatre », explique Thierry Jammes, président de l’association France Défi Vision à l’origine du projet.
Pour les deux futurs auxiliaires, c’est parti pour près de huit mois d’apprentissage technique sous la houlette de Marie, directrice de l’école et éducatrice canine. « Les chiens ont été choisis pour leur caractère calme et avenant. Ils ont été placés en famille d’accueil à l’âge de deux mois où ils ont reçu une formation de base avec l’aide de l’éducateur canin. Pendant toute cette période, l’objectif a été de les sociabiliser en les confrontant au maximum de situations », explique-t-elle, rappelant que le chien-guide est autorisé dans tous les lieux publics.
Désormais Vasco et Api ont l’âge de passer à l’étape suivante, à raison de deux heures d’entraînement par jour. Un travail qui va se faire progressivement, à force de répétition et avec une grande patience. « Il faut s’adapter au caractère de chaque chien. Au cours de nos sorties quotidiennes, je leur apprends déjà à obéir mais aussi concrètement à marcher droit, avec une allure régulière, à marquer la pause devant un passage piéton ou pour signaler un obstacle, à changer de direction, etc. Le niveau d’exigence est important car il doit gérer ses émotions et ne pas se laisser distraire », poursuit l’éducatrice canine.
Un chien-guide travaille 20 % de sa journée. « Le reste du temps, il redevient un chien de compagnie comme les autres », souligne Marie. Et si la tâche est ardue pour Vasco et Api, ils ne sont pas les seuls à passer par la case apprentissage. « De son côté, le futur maître de chien-guide doit être autonome avec sa canne blanche. C’est un prérequis car le chien a besoin d’être piloté pour savoir où il faut aller », indique Thierry Jammes. Lui-même malvoyant, il sait l’aide précieuse qu’apporte un chien-guide en termes de liberté et d’autonomie. Il en a déjà eu trois dans sa vie.
De sa naissance à sa retraite, un budget de 30 000 euros
« Le chien apporte de la sécurité. Avec lui, on gagne en vitesse de déplacement et en assurance. C’est aussi un compagnon de vie avec qui on tisse une relation forte. Le chien-guide est aussi un formidable vecteur de lien social : le premier contact se fait souvent par le regard, ici c’est le chien qui crée le contact », indique le président de France Défi Vision. De sa naissance à sa retraite, un chien-guide représente un budget de 30 000 euros, des fonds que l’association cherche sans relâche à travers des galas, dans le cadre de legs testamentaires ou en sollicitant directement les entreprises ayant une démarche RSE.