À l’approche de son ouverture officielle, l’école des chiens guides et d’assistance de Montpellier fait face à un enjeu décisif. Pour garantir le bien-être de ses premiers élèves, l’association France Défi Vision recherche encore quatre familles d’accueil bénévoles. Un appel urgent, alors que le premier chien arrive dès le 15 janvier 2026.
Louise Brahiti
Publié le 2 janvier 2026 à 07:32

Jeudi 15 janvier, Montpellier accueillera une structure inédite dans tout le Languedoc : une école de chiens guides et d’assistance implantée en plein cœur de la ville, dans le quartier du Millénaire. Ce jour-là, Vasco, un golden retriever, fera sa rentrée scolaire.
Mais si l’école ouvre ses portes, son fonctionnement repose sur un principe fondamental : les chiens n’y vivent pas à plein temps. Soirs, week-ends et vacances, ils doivent rejoindre des familles bénévoles. Or, à quelques semaines de l’ouverture, France Défi Vision manque encore de foyers prêts à s’engager au sein de la métropole de Montpellier.
Une école “hors les murs”
L’école des chiens guides et d’assistance de Montpellier n’a rien d’un centre classique. Ici, pas de chenils, pas de boxes. Le projet, porté par l’association France Défi Vision, repose sur une conviction forte : un chien guide se forme dans la vraie vie, au contact de la ville et au sein d’un foyer. “Pour nous, un chien guide est avant tout un compagnon. Il ne peut pas être éduqué correctement s’il dort dans un box. C’est comme un enfant : il va à l’école la journée, mais il rentre chez lui le soir”, résume la directrice de l’école et éducatrice.
Du lundi au vendredi, les jeunes chiens suivent leur formation au centre. Ils y apprennent les bases de leur futur métier : concentration, obéissance, gestion des stimuli urbains, déplacements en tramway, réactions face à la circulation ou à la foule. Puis, chaque vendredi après-midi, ils quittent l’école pour rejoindre leur famille de week-end jusqu’au lundi matin. “Ces temps de pause sont essentiels. Le week-end, le chien n’est plus un élève, il redevient un chien, avec des moments de jeu, de repos et de vie familiale. C’est indispensable pour son équilibre émotionnel”, insiste-t-elle.
Vasco sera le premier à inaugurer ce modèle dès le 15 janvier 2026. Il sera rejoint fin février par Api, un chien de type berger, puis par Alya avant l’été 2026. Une première promotion volontairement limitée à trois chiens. “Nous avons fait le choix de la qualité plutôt que du nombre. Chaque chien doit bénéficier d’un accompagnement presque artisanal”, explique la directrice.

Api fera sa rentrée fin février 2026 ©DR
Familles d’accueil, familles relais
Aujourd’hui, la priorité de France Défi Vision est claire : trouver rapidement une famille capable d’accueillir Vasco, idéalement située dans un rayon de 10 à 15 kilomètres autour de l’école, implantée rue de la Vieille Poste à Montpellier. “La proximité géographique est importante pour simplifier les trajets et éviter toute fatigue inutile pour le chien comme pour les bénévoles”, précise-t-elle.
Maison ou appartement sont acceptés. En cas de maison, celle-ci doit être clôturée et la piscine sécurisée si elle existe. La famille doit disposer d’un véhicule. La présence d’enfants ou d’autres animaux n’est pas exclue. “Il n’y a aucun problème avec les enfants ou les autres animaux, tant que l’environnement reste calme et que les animaux déjà présents sont bien équilibrés. Le chien ne doit pas être perturbé dans son apprentissage”, souligne-t-elle.
L’association prend en charge l’intégralité des frais : alimentation, suivi vétérinaire, matériel, laisses et équipements. Un vétérinaire est également d’astreinte en cas de problème. “Les familles bénévoles n’ont aucun frais à avancer. Leur engagement est humain, pas financier”, martèle la directrice.
Plusieurs formes d’implication sont possibles. Les familles d’accueil peuvent héberger un chien sur une période plus longue, parfois jusqu’à un an, et assurer les allers-retours quotidiens avec l’école. Les familles relais interviennent ponctuellement, notamment pendant les week-ends et les vacances scolaires. “Nos besoins prioritaires concernent les familles de week-end et de relais. Ce sont elles qui permettent aux chiens de souffler et de se reconstruire après une semaine d’apprentissage intense”, insiste-t-elle.

Vasco devrait être attribué avant l’été ©DR
S’engager
Chaque candidature est suivie d’une enquête à domicile. Celle-ci permet de vérifier que les conditions sont réunies, mais aussi d’orienter les volontaires vers d’autres rôles si nécessaire. “Certaines familles souhaitent s’investir mais ne correspondent pas exactement à un profil. Nous cherchons toujours une solution pour leur permettre d’aider la cause du chien guide”, explique-t-elle.
À noter que ces engagements sont temporaires, de deux mois à un an selon l’avancée de la formation. Vasco, par exemple, devrait être confié à son futur binôme avant l’été 2026. “Derrière chaque chien, il y a une personne déficiente visuelle qui va gagner en autonomie. Les familles bénévoles participent directement à cette chaîne de solidarité”, conclut la directrice.
Les personnes intéressées pour devenir familles d’accueil sur la métropole de Montpellier peuvent contacter directement Thierry Jammes, président de France Défi Vision au 06 15 96 10 01, ou par courriel à presidence@francedefivision.fr afin d’obtenir des précisions et déposer leur candidature.